• Tiana Razakazafy

Quand le cordonnier est le plus mal chaussé: le burn-out d'une infirmière du travail


Burn-out, quand sa flamme s'éteint

Tout le monde connait ce proverbe dérivé d’une réflexion de Montaigne : les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés. Voici la chronique du #burnout d'une infirmière en santé au travail.


Durant 16 ans, j’ai exercé le métier d’infirmière, dont les 2/3 en santé au travail. Ma fonction me demandait de veiller à ce que les travailleurs ne tombent malades du fait de leur travail. Veiller à leur condition de travail et à leur bonne santé était mon quotidien.


Antécédents médicaux, arrêt de travail, problème de santé, hygiène de vie, douleurs etc… je m’attardais sur chaque aspect qui impacte la santé de la personne. Je m’enquérissais ensuite du vécu du salarié sur son travail. Il ne s’agissait pas de passer à côté d’un épuisement.

Comment se sentait-il lorsqu’il était au travail, quand il accomplissait sa tâche ? Quelle étaient ses ressentis ? Dort-il bien ? Le moral était-il au beau fixe ? S’épanouissait-il ? Etc…

En vrai professionnelle et passionnée par mon métier, je m’appliquais à faire un travail de qualité – selon mes propres critères évidemment !


Dans mes interventions sur le terrain, dans les réunions, je m’appliquais à promouvoir le #bienêtre au travail auprès de tous; du nouvel arrivé au chef d’entreprise, en passant par le manager de proximité et le délégué du personnel.


Puis vint ce jour de juillet 2015, à 19h30. Après une heure de conversation téléphonique avec une collègue, ma batterie interne s’est déchargée instantanément. Elle était hors service. La nouvelle annoncée m’avait mise KO.


J’ai senti tout mon corps perdre toute son énergie. Je cherchais à me lever pour rejoindre la famille et profiter des vacances. Un semblant de vertige me prit alors. Après avoir repris mes esprits, les jambes flageolants, j’ai rejoint la famille et ai profité autant que possible du repas cuisiné avec amour par ma mère.

La batterie continuait de se décharger. Je n’ai pas attendu une seconde supplémentaire, à la fin du repas pour aller me coucher et dormir 14h d’affilée.


Le lendemain, le réveil s’est fait difficilement. La nuit, bien que le sommeil fût bon, n’était pas régénératrice. La batterie était toujours à plat. Le niveau d’énergie restait insuffisant et montait avec difficulté.

Une visite chez le médecin s’imposait : la tension artérielle était basse, un bilan sanguin prescrit ; ce dernier se révèlera plus tard normal bien que les valeurs étaient basses. Une exploration avec des examens complémentaires était effectuée. Toujours rien. RAS. Et pourtant le moindre effort m’était difficile ; même conduire m’était impossible durant 10 jours.


Après 4 semaines de vacances, la reprise du travail s’imposait. L’avantage de reprendre en aout était l’agenda et le rythme allégés à cette période de l’année. Pour autant, l’énergie faisait toujours défaut. Même pour ramasser un stylo qui chutait au sol nécessitait un effort de ma part : avant de me pencher pour le ramasser, je devais me concentrer pour trouver le restant d’énergie en moi et l’élan pour me baisser et l’attraper. Ce qui équivalait pour moi à faire un sprint à ce moment-là, tant je me sentais épuisée.


Septembre 2015 ; la rentrée. Tout le monde reprenait son travail. Je n’avais qu’une chose en tête : la semaine de retraite de #méditation programmée en octobre. En attendant, la vie continuait et le travail s’amoncelait.

La fatigue était toujours là ; le moral de plus en plus en berne. Les tensions musculaires augmentaient. Le dos commençait à se figer, s’alourdir. Le sommeil insuffisant et non réparateur. Un arrêt de travail était alors nécessaire. Une semaine. Cela me semblait suffisant. Une forte asthénie était alors évoquée avec tact par le médecin traitant.

S’en était suivie la semaine de retraite de méditation ; retraite qui dès les premières 24h éclairent la situation de confusion avec laquelle j’arrivais.


Le verdict était sans appel : j’étais sur la voie du #Burnout !


Tel un cordonnier mal chaussé, je n’ai su préserver ma santé. Je n’ai su me prémunir de l’#épuisementprofessionnel.


#burnout, #epuisement, #surmenage


Tiana Razakazafy – Quintessentia – 12/07/2018

50 vues

                        Toulouse, France                                                                   tiana.razakazafy@gmail.com                                           (33)6.26.72.82.70

 

 

© 2020 by Quintessentia. Proudly created with Wix.com

 

Crédits photos: pexels et unsplash

Mentions légales

  • LinkedIn - Gris Cercle
  • Facebook - Gris Cercle