• Tiana Razakazafy

Être un guerrier du cœur


Il arrive des moments où nous sommes, en un instant, submergé par un événement ou une accumulation d'événements qui nous font vaciller, perdre pied. Nous pouvons même être en panique. Et la 1ère solution pour nous en sortir vient de ce qui est une habitude cultivée depuis fort longtemps: s'accrocher à la 1ère branche qui se présente à nous pour nous sortir de ce que notre cerveau archaïque perçoit comme un danger. Cette branche, ce peut être une personne passée par là, au bon moment, avec les mots que nous avions besoin d'entendre. Ce peut être un mode de fonctionnement que nous adoptons habituellement, tels l'agressivité, le repli sur soi, la fuite, le figement, dès lors que nous nous sentons en danger.

Ou même les deux: on fuit et on s'accroche à une personne pour la sensation de sécurité qu'elle nous offre.

Nous nous y accrochons, sans vraiment prendre conscience si la branche est adéquate ou non dans notre situation. Nous ne mesurons pas si cette branche - bien qu'elle nous ait apportée l'assurance sur l'instant - soit profondément bénéfique pour nous. Sur l'instant, cela semble être une évidence. Nous ne pouvons que nous accrocher à elle pour nous en sortir, et respirer. Nous sentir en sécurité. Et sûrement que cela était salutaire. Toutefois, la manière dont nous nous emparons de cette branche vient nourrir notre déconnexion à notre propre puissance, à notre qualité de guerrier(e), un(e) guerrier(e) du cœur. Elle peut même nous faire perdre le cap sur notre chemin de vie.



Guerrier massaï - Sneha Cecil - unspalsh

Être un(e) guerrier(e) du cœur, c'est quoi? Ce n'est pas celle/celui qui agit avec agressivité ou dureté; c'est celle/celui qui fait appel à sa force intérieure, à sa sagesse - celle de son cœur. Être un(e) guerrier(e) du cœur face aux sollicitations de la vie implique de voir et de se relier pleinement avec ce qui est, en pleine présence et conscience de ce qui est. Plus grande est notre conscience, plus grande est notre capacité à faire face à ce qui nous arrive. De plus, plus claire, plus souple et plus fluide est notre conscience, plus nous pouvons identifier et solliciter nos propres clés, nos propres ressources pour faire face à chaque situation. Cette conscience peut se pratiquer dans toute situation, et toutes nos relations, y compris les relations amoureuses et professionnelles. Prenons un exemple dont nous avons tous un jour fait l'expérience: notre patron ou un client important nous demande une tâche en urgence. Son ton est péremptoire et il ne nous laisse pas le choix. Ajoutons à cela la notion d'enjeu pour notre carrière ou contrat derrière cette urgence. Sans compter toutes les autres sollicitations parallèles dans notre vie que cela impacte et que nous avons tout de même envie d'accomplir. Au début, nous ne ressentons que l'oppression que cette urgence provoque en nous. Nous cherchons désespérément le bol d'oxygène qui nous permette de reprendre notre souffle et de retrouver le sentiment de sécurité. Au passage, bien des pensées discursives viennent de façon automatique. Ces pensées peuvent être de toute sorte: "je n'y arriverai jamais", "je ne suis pas capable", "il m'emmerde à me demander ça maintenant", "il/elle prend un malin plaisir à m'emmerder/ à me mettre des bâtons dans les roues" etc... La situation nous est désagréable. C'est la panique et nous souhaitons nous en défaire. Au plus vite. Un autre exemple, cette fois-ci dans une relation amoureuse: l'être que nous aimons, nous a blessé par ses paroles et nous nous sommes disputés. Nous ressentons dès lors la blessure que ça nous a occasionné. Nous ne ressentons même que cette blessure au début. Nous avons mal dans notre corps, notre esprit est submergé de pensées douloureuses. Nous n'aimons pas cela et cherchons à nous en extirper, tout en nous racontant des histoires: "il/elle ne m'aime pas", "il/elle aime me faire souffrir", "c'est la fin de notre couple", "je ne sais pas aimer" etc..." Dans l'une ou l'autre situation, nous commençons à réagir dès lors que la souffrance nous envahit instantanément. Nous nous battons contre l'expérience et cherchons une issue, tout en nous accrochant à notre douleur. Parce que, plus nous nous battons contre elle, plus nous nous y sommes accrochés. Comme dit plus haut, nous agissons de façon automatique et sans réelle conscience en nous accrochant à la 1ère branche, sans même voir que la blessure, la peur, la souffrance et leurs source sont encore là. Nous ne souhaitons que nous extirper de notre sensation d'inconfort, de ce qui nous est désagréable.

Être un(e) guerrier(e) du cœur dans ces instants, c'est être pleinement présent et ouvert à ce qui se passe. C'est être pleinement conscient de ce qui se joue dans l'instant; celui avant que nos pensées discursives et limitantes viennent nous enfoncer dans notre confusion et nous font entrer en réaction automatique. C'est ouvrir un espace en soi même, par soi-même et pour soi-même. C'est s'asseoir dans cet espace et observer les feux de la souffrance, comme lorsque nous observons les flammes, assis à côté d'un feu. C'est permettre à notre blessure, à notre souffrance, à notre peur d'exister et de laisser les choses nous apparaître telles qu'elles sont, dépourvues de toutes déformations, avec un esprit et une conscience clairs. Nous pouvons ainsi reconnaître simplement que nous sommes blessés, sans en faire tout un drame. Nous sommes alors en mesure d'affronter notre souffrance, notre peine, notre peur et d'y trouver les réponses et les clés nous permettant une compréhension juste de la situation, de ce qui a été touché chez nous dans cette situation, de voir des aspects de nous que nous ne souhaitions pas voir et que la situation révèle.

Être un(e) guerrier(e), c'est aussi cultiver le courage. C'est affronter avec un cœur et un esprit ouverts ce qui nous fait peur, ce qui nous occasionne de la souffrance. C'est faire face à ce qui se passe vraiment au lieu de retomber dans nos vieilles histoires, nos vieux schémas ou de nous accrocher à la 1ère branche venue. Dans nos exemples, le courage apparaît lorsque nous nous asseyons à côté de notre peur, de notre douleur - ou tout autre état d'esprit et émotion comme la colère, le chagrin - et à les regarder droit dans les yeux. Il nous suffit d'aller tout près de la peur, de s'asseoir à ses côtés et de voir ce qu'elle renferme au lieu de rester sous l'emprise de scénarios alarmistes ou punitives que nous nous racontons intérieurement et qui nous

font nous accrocher à la 1ere branche venue pour nous en extirper. En lieu et place, soit de nous accrocher inad​é​quatement à la personne qui nous a insufflé le bol d'air dont on avait besoin, soit de perpétuer à long terme les schémas et mode de fonctionnement qui nous enferment dans notre souffrance, et dans notre peur, nous sommes ainsi en mesure de prendre les décisions justes, congruents et bénéfiques pour nous-même et les personnes ou les situations concernées. Nous finissons alors par retrouver par nous-même notre sérénité. Voir et être présent à ce qui est, c'est s'éveiller à notre potentiel et notre puissance de guerrier(e) du cœur, instant après instant.


Parce qu'il n'est pas toujours simple de développer un esprit et une conscience claires, fluides, ouverts et souples, je vous accompagne dans l'observation de ces situations et ces schémas, à y trouver vos propres clés de compréhension, et faire les choix justes et congruents pour vous.


Tiana



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